• Un film magnifique et envoutant.
    Albert G. Nigrin, directeur du festival international du New Jersey (USA)
  • Un film-poème sur la ville et la nuit.
    Sonia Médina, distributrice
  •  Un jaillissement dans le paysage tristounet des sorties-salle
    qui
    sonne comme un coup de tonnerre.
    Vincent Dieutre, cinéaste
  • Une lecture sensible et sensuelle de l'urbain.
    Catherine Espinasse, psycho-sociologue et écrivain
  • La réinvention douloureuse de la complexité du monde, la cartographie ouverte
    des embranchements, des bifurcations, des connexions qu’elle recèle.
    Jean-Michel Frodon, critique de cinéma
  • Touchant, vibrant et âpre : un film qui ne s'oublie pas.
    Florence Colombani, critique de cinéma et écrivain
  • Un des plus beaux films jamais réalisés sur la solitude urbaine. Poignant.
    Danielle Arbid
  • Une matière labile, fluide, glisse entre les doigts à l'instar de la vie elle-même.
    Jean-Baptiste Chantoiseau, critique d'art et écrivain
  • Un feu d'artifice d'images plus intenses les unes que les autres.
    Yves Citton, philosophe et professeur de littérature française
  • On sent une ville qui respire, elle vit, elle souffle, c'est un être vivant.
    Jean-François Cavro, portraitiste sonores des villes
  • La ville au cinéma est rarement interpellée de cette manière.
    Thierry Paquot, philosophe

ils en parlent

Joana Preiss, actrice, chanteuse, cinéaste

Je suis entrée dans ton film comme je suis arrivée à Paris il y a 24 ans.

J'ai retrouvé pour la première fois ces mêmes sensations, recouvertes depuis par cent mille autres sensations de vie de voyage de passions. Et ton très beau film (au très beau titre) m'a permis pour la première fois, de retrouver ces impressions nouvelles et particulières que j'avais oubliées, et qui pourtant ont fondé en partie ce que je suis devenue aujourd'hui.

Je suis arrivée à Paris lorsque j'avais 18 ans. Amoureuse, curieuse, passionnée, ouverte, angoissée, j'ai embrassé mon compagnon ma voix mon chant la ville ses nuits ses pleins ses manques ses déliés ses cinémas ses théâtres ses musées ses rues sa pluie mon amour mes amitiés ses recoins sa splendeur et aussi sa marginalité. J'ai ressenti cette ivresse et aussi les lendemains tristes de cette ivresse, la solitude, la boulimie de cinéphile, la poésie, mes lectures insatiables, le travail de ma voix, l'Opéra, les scènes de théâtre, les répétitions, les représentations, la peur, les rencontres, le cinéma, le manque, le vide, et mon très grand appétit vers la lumière balancé par mon attirance vers le sombre. Paris c'était tout cela pour moi et je peux ressentir depuis ton film les mêmes impressions qui me parcourent le corps entre la très grande découverte, l'attirance vers le vide et le désir de vivre tous les possibles, car "Le vertige des possibles" oui comme le très beau titre de ton film.

Je suis entrée dans ton film comme je suis arrivée à Paris et une fois ces sensations ravivées et acceptées, j'ai découvert et je me suis engloutie dans ton objet cinématographique essentiel. De par son histoire, de par le fond de par la forme de par la bande son de par le rythme de par l'errance de par la poésie de par ta voix de par cette héroïne anti héroïne qui me faisait penser parfois a une Deneuve dénudée ou à une Valerie Dreville désossée de son langage de théâtre. J'aime l'errance. Je l'ai moi même pratiquée dans les films de Tonino De Bernardi en incarnant ce personnage de femme qu'il disait être toutes les femmes. Cette femme qui marche inlassablement le jour la nuit surtout la nuit qui s'enfonce dans les recoins épais de sa mémoire de ses souvenirs de ses pensées, de sa souffrance parfois, et de sa liberté, qui pose ses yeux sur ce qu'elle croise de signifiant ou d'insignifiant (peu importe puisqu'elle pose son regard dessus) qui entend certains sons dans sa tête des musiques qui résonnent et des violons des voix sa voix et qui questionne sa situation et sa place dans le monde. J'aime ta façon de la suivre de la devancer de l'écrire de la penser. J'aime le choix de tes poètes de tes poésies de tes textes de ta musique de tes sons et j'aime comment le tout s'enchaîne avec construction-deconstruction joyeuse et j'aime l'image qui se colle se décolle s'éloigne les bruits tous les bruits les bruits de l'image et ceux du son. J'ai pensé à Godard. Celui de la modernité. Celui qui s'empare des outils d'aujourd'hui et qui les utilise mieux que quiconque. Et puis je pense à toi à ton banc de poissons à ce qui file à ce qui glisse et à ce qui se pose enfin au milieu de tout cela. A ce moment de paix que tu proposes (ton film) au milieu de cette agitation virtuelle incessante et grandissante (notre société) qui nous fait parfois perdre pied. J'aime le vertige. J'ai le vertige. L'attirance du vide, la peur du vide, la question de son propre vide et aussi de son propre équilibre, sa force, la confiance en soi ou pas, et l'étourdissement. Ton film m'a étourdie. Il est étourdissant.

Deux phrases m'ont marquée lorsque j'avais 20 ans, et ont été fondatrices : la première était cette phrase d'un rabbin qui disait: "ne demande ton chemin a personne car tu ne pourrais plus te perdre" et une autre plus pragmatique qui disait " s'imaginer tous les possibles dans chacune des situations" et pour moi ton film c'est aussi le mélange de ces deux phrases.

Merci Vivianne de parler avec autant de poésie d'un sujet social d'aujourd'hui. Merci de rendre au politique toute sa poésie. Merci pour ton geste cinématographique merveilleux que je reverrais avec envie. Merci pour ta générosité merci de nous donner toutes ces perspectives et de nous offrir la liberté.

Je ne t'écris qu'une toute petite partie de tout ce que j'ai ressenti pendant et à l'issue de ton film, mes sensations sont plus nombreuses et plus denses ainsi que la belle densité et l'ampleur de ton film qui continue à voyager dans ma tête et qui continue à me parcourir le corps entre ravissement et attendrissement.